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La lecture du printemps – 6 minutes (Chrystine Brouillet)

Bonjour, ça fait longtemps! 🙂

Aujourd’hui, le 15 mars, plus de 36,000 maisons ou lieux d’emploi sont sans électricité.

On va se le dire, quand on n’a pas d’électricité, la seule chose à faire est pas mal de lire un bon bouquin!

Avec tout ce temps libre devant vous, c’est certain que vous allez vite passer au travers de votre lecture actuelle! C’est pourquoi je vous partage la proposition de ma lectrice par excellence, ma soeur! Voici votre recommendation: 6 minutes par Chrystine Brouillet.

En cette tempête du mois de mars, les bancs de neige interminables et les routes enneigées me créent un besoin de réconfort et une envie de cocooning. Pour moi, lire un roman policier de Chrystine Brouillet et retrouver la détective Maud Graham, c’est comme m’emmitoufler dans ma vieille doudou préférée. Le roman 6 minutes  a frappé un grand coup en 2015, en abordant de plusieurs angles un sujet délicat et selon moi, encore un peu tabou : la violence conjugale.

L’intrigue de ce roman bien de chez-nous se déroule dans la ville de Québec, donnant lieu à des descriptions tellement imagées et concrètes qu’on se sent partie intégrante de l’histoire. On peut parfaitement s’imaginer la détective Graham filer sur le boulevard Laurier en auto patrouille, et on goûte presque les repas gastronomiques décrits avec détail. Maud Graham est aussi une femme forte et inspirante. Sous ses allures de policière #girlboss qui traque un meurtrier avec assurance se cache tout simplement une femme, avec ses complexes et ses doutes. J’aime ces incursions dans son vécu et dans sa tête, car j’ai l’impression de la connaître cette Maud Graham, qui pourrait très  bien être ma tante, mon amie, ou ma voisine. Sur cette trame de fond se tisse une intrigue complexe, qui nous entraîne dans l’esprit des victimes de violence conjugale, mais aussi dans la tête des bourreaux.  Différentes histoires de vie (et de mort) qui semblent se dérouler en parallèle vont se croiser et mettre en lumière à quel point la violence conjugale peut briser des vies, ici maintenant, mais aussi avoir des conséquences à long terme.

Le livre a suscité ma curiosité, mais m’a aussi choquée et fait réaliser que oui, en 2016, il y a encore des femmes qui ont peur de leur chum, de leur mari, et qu’il y a de grandes lacunes dans notre système de justice qui ne parvient pas à protéger adéquatement ces victimes. Cet extrait m’a beaucoup touché et résume bien le feeling qui se dégage du roman :

« Chaque fois, Graham éprouvait le même découragement face à une société qui continuait d’engendrer des êtres violents et une colère froide envers les institutions qui ne protégeaient pas assez les victimes. On leur conseillait de porter plainte contre leur conjoint, mais entre le moment où une femme racontait que son mari menaçait de la tuer et celui où elle était entendue par un juge, six mois pouvaient s’écouler. Alors que six minutes suffisaient amplement pour qu’un homme étrangle son épouse. »

Bon, je l’avoue, la violence conjugale et les meurtres ne sont pas des sujets empreints de positivité, mais la lecture d’un bon roman, elle, est toujours aussi réconfortante qu’un latté chai devant le foyer.

Bonne lecture, bon cocooning!

Emilie (la grande sœur de la Ptite! J )

 

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